Élection présidentielle colombienne de 2022 — Wikipédia

Élection présidentielle de 2022
(1er tour)
(2d tour)
Corps électoral et résultats
Inscrits 39 002 239
Votants au 1er tour 21 441 605
54,98 % en augmentation 1,6

Votes blancs au 1er tour 365 764
Votants au 2d tour 22 658 694
58,10 % en augmentation 5

Votes blancs au 2d tour 501 987
Transparent flag waving on Infobox grey background.svg
Gustavo Petro – Pacte historique
Colistier : Francia Márquez
Voix au 1er tour 8 541 617
40,34 %
Voix au 2e tour 11 281 013
50,44 %
Rodolfo Hernández Suárez.jpg Rodolfo Hernández – Ligue des gouverneurs anti-corruption
Colistier : Marelen Castillo
Voix au 1er tour 5 965 335
28,17 %
Voix au 2e tour 10 580 412
47,31 %
Federico Gutiérrez (Fico).jpg Federico Gutiérrez – Équipe pour la Colombie
Colistier : Rodrigo Lara
Voix au 1er tour 5 069 448
23,94 %
Carte
Président de la République
Sortant Élu
Iván Duque
Centre démocratique
Gustavo Petro
Pacte historique

L'élection présidentielle colombienne de 2022 se tient le afin d'élire pour quatre ans le président de la République de Colombie.

Le président sortant Iván Duque n'est pas éligible pour un second mandat, la constitution colombienne limitant le chef de l’État à un mandat unique. L'élection présidentielle de mai 2022 suit par ailleurs de quelques mois les élections législatives, organisées le 13 mars précédent.

Le premier tour voit arriver en tête Gustavo Petro et Rodolfo Hernández, qui s'affrontent lors du second tour. La qualification au second tour d'Hernández Suárez est alors une surprise, le candidat ayant mené la quasi totalité de la campagne en troisième position dans les sondages d'opinions, avant de dépasser Federico Gutiérrez dans la dernière semaine précédant le scrutin.

Gustavo Petro déjoue à son tour les sondages et l'emporte au second tour devenant ainsi le premier président colombien issu de la gauche.

Contexte[modifier | modifier le code]

L'élection présidentielle de mai 2018 voit la victoire au second tour d'Iván Duque, qui réunit près de 54 % des suffrages. Son opposant Gustavo Petro en réunit 41 %, tandis que 4 % des votants choisissent de voter blanc, un vote officiellement reconnu dans le décompte des voix en Colombie. Il prend ses fonctions le 7 août 2018[1]. Arrivé troisième au premier tour, Sergio Fajardo avait annoncé publiquement son intention de voter blanc, son parti Alliance verte appelant à en faire de même ou à voter pour Gustavo Petro[2],[3].

La Colombie connait entre 2019 et 2020 des manifestations anti-gouvernementales de grande ampleur, interrompues par la pandémie de Covid-19. Une série de manifestations reprend en septembre 2020 contre les violences policières, suivies de manifestations massives en 2021. La répression de ces trois mouvements de contestation a fait une centaine de morts, tandis que le taux de popularité du président Iván Duque chute à 20 % courant janvier 2022.

Système électoral[modifier | modifier le code]

Le président de la République est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de quatre ans non renouvelable[4],[5]. Est élu le candidat ayant réuni la majorité absolue au premier tour ou, à défaut, celui ayant réuni le plus de voix au cours d'un second tour organisé entre les deux candidats arrivés en tête au premier[6].

La Colombie reconnait les votes blancs comme des votes valides, inclus dans le calcul des résultats. Le candidat victorieux au second tour peut par conséquent être déclaré élu avec un pourcentage des voix exprimées inférieur à 50 %[6]. Par ailleurs, si le total de votes blancs atteint la majorité absolue des votes « valides », il est procédé à un nouveau scrutin auquel les précédents candidats ne peuvent se représenter. Cette disposition ne s'applique cependant pas deux fois de suite : lors de cette nouvelle élection, le candidat ayant recueilli le plus de voix au second tour est déclaré élu quelle que soit le pourcentage de votes blancs[7].

Peut se présenter à la présidence toute personne âgée d'au moins trente ans et détenant la nationalité colombienne de naissance. Chaque candidat à la présidence se présente avec un colistier, candidat au poste de vice président. Depuis la réforme constitutionnelle de 2015, le candidat malheureux au second tour devient de droit membre du Sénat et son colistier devient membre de droit de la Chambre des représentants[6].

Campagne[modifier | modifier le code]

Gustavo Petro[modifier | modifier le code]

L’économiste et ancien maire de Bogotá Gustavo Petro, déjà candidat à l'élection présidentielle de 2018, mène en tête des intentions de vote dans les sondages d'opinions. Une victoire ferait de lui le premier président de la Colombie issu de la gauche[8].

Sorti victorieux de la primaire organisée le 13 mars 2022 par la coalition Pacte historique pour désigner son candidat à la présidentielle, Petro en était déjà perçu comme le grand favori[9]. Son parti politique, Colombia Humana, est à l'origine de la création de la coalition Pacte historique pour la Colombie, qui comprend des mouvements sociaux, des associations écologistes ou féministes, ainsi que des personnalités politiques venues de la droite, comme l'ancien maire de Medellín Luis Pérez Gutiérrez et le dirigeant chrétien conservateur Alfredo Saade. La diversité idéologique de la coalition s'avère cependant une source de tensions internes[10],[11],[12]. Il choisit Francia Márquez, militante afro-colombienne des droits humains et de l'environnement, comme colistière.

Surtout soutenu par les étudiants et les classes populaires, Petro tente pendant la campagne de convaincre les classes moyennes, ce qui le conduit à modérer son programme économique et ses critiques à l'égard de l'oligarchie traditionnelle, tout en prenant ouvertement ses distances avec le Venezuela, qu'il soutenait auparavant. Il se montre critique à l'égard du système économique néolibéral colombien et de sa dépendance excessive au pétrole et au gaz, défend des propositions progressistes sur la question des droits des femmes et des LGBTQ et soutient un accord de paix entre l’État et les guérillas[10],[11].

Rodolfo Hernández[modifier | modifier le code]

Homme d'affaire devenu maire de Bucaramanga de 2016 à 2019 sans étiquette politique, Rodolfo Hernández se lance dans la campagne pour l'élection présidentielle sous la bannière de la coalition Ligue des gouverneurs anti-corruption. Décrit comme un populiste et comparé à Donald Trump, il fait une campagne tournée vers le rejet de la corruption de la classe politique traditionnelle et met en avant son image d'entrepreneur à succès, capable de transformer la Colombie. Au cours de la campagne, il accuse à plusieurs occasions ses adversaires d'être des « crapules », des « voleurs », et même des « toxicomanes ». Il s'exprime régulièrement de manière très familière et parfois avec grossièreté[13].

Outre ses positions anti corruption, Rodolfo Hernández se positionne pour la décriminalisation de l'avortement mais contre sa légalisation, pour la légalisation du cannabis à usage médical mais contre son usage récréatif, et soutient une politique de réhabilitation des utilisateurs de drogues en lieu et place de celle répressive alors en vigueur. Il se déclare favorable au mariage homosexuel et à l'homoparentalité ainsi qu'à l'euthanasie[14],[15]. Il soutient un abaissement de la TVA de 19 à 10 %, la mise en place d'un système de santé universel, d'un revenu de base pour les personnes âgées et celles proches ou en dessous du seuil de pauvreté ainsi que l'effacement des dettes des étudiants ayant les meilleurs notes de leur promotion. Il se positionne également en faveur de la mise en place d'un quota de 50 % de femmes dans les fonctions publiques dont le gouvernement[16],[17].

En matière environnementale, il promet d'encourager monétairement le maintien des surfaces boisées, et de limiter la fracturation hydraulique tant que celle ci ne respecte pas des « conditions environnementales »[16].

Federico Gutiérrez[modifier | modifier le code]

Federico Gutiérrez mène la coalition conservatrice Équipe pour la Colombie (Equipo por Colombia), avant de bénéficier du retrait d'Óscar Iván Zuluaga en sa faveur[9].

Sergio Fajardo[modifier | modifier le code]

Candidat de la coalition de centre droit Centre pour l'espoir, Sergio Fajardo arrive en deuxième position dans les intentions de vote. Vainqueur de la primaire interne à la coalition, cet ancien maire de Medellín et candidat malheureux à l'élection présidentielle de 2018, perçu comme favori, l'emporte alors sur Juan Manuel Galán — fondateur avec ses frères du parti Nouveau Libéralisme et fils de Luis Carlos Galán, homme politique très populaire assassiné en 1989 par le cartel de Medellín — et Alejandro Gaviria, ancien ministre et intellectuel de référence pour l'élite libérale de Bogotá. La coalition bénéficie d'un soutien élevé auprès des couches socio-économiques supérieures des grandes villes[18].

La coalition centriste, qui se fixe pour objectif de faire de la politique « au-delà de la polarisation », se présente sans unité programmatique, sans projet économique défini et sans réponses communes à des questions aussi pressantes que le conflit armé, la question agraire et le trafic de drogue[9].

Retraits[modifier | modifier le code]

L'ancien ministre et homme d'affaires Óscar Iván Zuluaga, candidat malheureux à l'élection présidentielle de 2014, est investi par le parti au pouvoir, le Centre démocratique. Handicapée par la très forte impopularité du président Iván Duque et une image de représentant des élites traditionnelles, sa candidature est cependant distancée dans les sondages. Apprécié du secteur privé et des sympathisants conservateurs qui craignent la montée de la gauche, Zuluaga se raproche du centre en se déclarant favorable à une hausse du salaire minimum. Il fait campagne principalement sur le thème de la sécurité, déclarant vouloir mettre en œuvre une « sécurité démocratique 2.0 » en référence à la politique de l'ancien président Alvaro Uribe[11]. Óscar Iván Zuluaga se retire peu après les élections législatives de mars 2022 au profit de Federico Gutiérrez

Íngrid Betancourt se présente avec pour colistier José Luis Esparza sous l'étiquette du Parti vert oxygène, avant de se retirer en faveur de Rodolfo Hernández au vu des sondages la plaçant en dessous de 1 % d'intentions de vote[19].

Les retraits de ces deux candidats interviennent cependant après l'enregistrement de leur candidatures et l'impression des bulletins de votes, et tout deux figurent par conséquent toujours sur ces derniers au premier tour.

Sondages[modifier | modifier le code]

Premier tour[modifier | modifier le code]

Second tour[modifier | modifier le code]

Résultats[modifier | modifier le code]

Résultats de la présidentielle colombienne de 2022[20],[21]
Candidats
et colisitiers
Coalitions Premier tour Second tour
Voix % Voix %
Gustavo Petro
Francia Márquez
Pacte historique 8 541 617 40,34 11 281 013 50,44
Rodolfo Hernández
Marelen Castillo
Ligue des gouverneurs anti-corruption 5 965 335 28,17 10 580 412 47,31
Federico Gutiérrez
Rodrigo Lara
Équipe pour la Colombie 5 069 448 23,94
Sergio Fajardo
Luis Gilberto Murillo
Centre pour l'espoir 885 268 4,18
John Milton Rodríguez
Sandra de las Lajas
Colombie juste et libre 271 372 1,28
Enrique Gómez
Carlos Cuartas
Mouvement de salut national 48 685 0,23
Íngrid Betancourt
José Luis Esparza
Parti vert oxygène 14 161 0,07
Luis Pérez Gutiérrez
Ceferino Mosquera
Centre démocratique 11 507 0,05
Votes blancs 365 764 1,73 501 987 2,24
Suffrages exprimés 21 173 157 98,75 22 363 412 98,70
Votes nuls 268 448 1,25 295 282 1,30
Total 21 441 605 100 22 658 694 100
Abstention 17 560 634 45,02 16 343 545 41,90
Inscrits / participation 39 002 239 54,98 39 002 239 58,10

Cartes[modifier | modifier le code]

Information Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Analyse[modifier | modifier le code]

Gustavo Petro arrive largement en tête du premier tour, confirmant la tendance des législatives en faveur de la gauche sur fond de désir de changement de la population face aux inégalités économiques et à la corruption. À la surprise générale, malgré un unique sondage le laissant présager le 20 mai, son opposant au second tour se révèle être l'indépendant populiste Rodolfo Hernández, et non le candidat de droite Federico Gutiérrez, considéré tout au long de la campagne comme le « challenger » de Gustavo Petro[22]. L'élimination de Gutiérrez au premier tour constitue une défaite historique de la droite colombienne[23]. Avec l'accession au ballotage de deux candidats « anti-système », le premier tour marque un rejet de la vieille classe politique qui reconfigure l'échiquier politique[24],[25],[26].

La qualification d'Hernández, un candidat ayant lui aussi fait campagne sur la lutte contre la corruption mais intégralement sur les réseaux sociaux avec une absence totale de présence sur le terrain, se révèle une mauvaise nouvelle pour Petro. Si celui-ci était annoncé vainqueur d'un duel contre Gutiérrez, sondages le positionnent en effet perdant face à Hernández. ce dernier reçoit ainsi le soutien de Gutiérrez, qui après avoir reconnu sa défaite au lendemain du scrutin, appelle à voter pour lui[23],[27],[28]. Disposant de très peu de réserves de voix, Petro mise sur une mobilisation plus importante des électeurs au second tour, le premier n'ayant vu participer qu'un peu moins de 55 % des inscrits[22]. Il l'emporte finalement malgré une baisse de la participation.

Gustavo Petro parvient cependant à renverser la tendance au cours de l'entre deux tours, et l'emporte finalement avec la majorité absolue des suffrages exprimés. Il devient ainsi le premier président de gauche de l'histoire de la Colombie. Sa colistière Francia Márquez devient la première vice-présidente d'origine africaine. Au cours de son discours de victoire, il met l'accent sur la paix, la justice sociale et la justice environnementale, s'engageant à mettre le pays « à la tête de la lutte contre le changement climatique » en sauvant notamment la Forêt amazonienne de la déforestation. Rodolfo Hernández redonnait sa défaite au soir du second tour, appelant Petro à tenir ses engagements en matière de lutte contre la corruption, avant de remercier ses électeurs. Il est suivi par le président sortant Ivan Duque, qui appelle le président élu pour le féliciter et organiser la transition[29],[30],[31],[32].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Ivan Duque, le candidat de la droite, remporte la présidentielle en Colombie », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le ).
  2. (es) « Sergio Fajardo votará en blanco en segunda vuelta », El Espectador,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  3. (es) « Alianza Verde invita a sus militantes a votar por Petro o en blanco », El Pais,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. (en) « Colombia 1991 (rev. 2015) Constitution - Constitute », sur www.constituteproject.org (consulté le ).
  5. « RAPPORT SUR LES LIMITATIONS DE MANDAT », sur www.venice.coe.int (consulté le ).
  6. a b et c (en) « Election Preview I: Colombia 2018 », World Elections,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. (es) « Registraduría Nacional del Estado Civil », sur www.registraduria.gov.co (consulté le ).
  8. « Election présidentielle en Colombie : pourquoi la gauche a le vent en poupe », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le ).
  9. a b et c « Colombie. Au seuil d’un changement historique? Elections, guerre sociale et paramilitarisme », sur A l'encontre,
  10. a et b Guido Vassallo, « Gustavo Petro, la esperanza progresista para superar la crisis de Colombia », sur Pagina12,
  11. a b et c (en-US) « Meet the Candidates: Colombia », sur Americas Quarterly,
  12. (en-US) « Is Gustavo Petro Leaving Behind Colombian Progressives? », sur Americas Quarterly,
  13. (es) « Así es Rodolfo Hernández, el 'Donald Trump' colombiano que quiere ser presidente », sur CNN, (consulté le )
  14. (es) « Las 20 propuestas de Rodolfo Hernández que, según él, lo diferencian del uribismo », sur Noticias Caracol,
  15. (es) « ¿Qué opinan candidatos presidenciales sobre decisión del suicidio médicamente asistido? », sur Noticias Caracol,
  16. a et b (en) « Election cheat sheets: Rodolfo Hernández », sur The Bogotá Post, BogotaPost, (consulté le ).
  17. (es) « Infografía: posturas de los candidatos presidenciales sobre el aborto, el Esmad y las negociaciones con el ELN, entre otros », sur infobae, infobae (consulté le ).
  18. (es) Jorge Galindo, « Rumbo a las presidenciales colombianas: muchos candidatos, pero tres corrientes de voto », sur El País,
  19. ATLASINFO, « Colombie : Íngrid Betancourt se retire de la course présidentielle », sur Atlasinfo, Atlasinfo.fr, (consulté le ).
  20. (es) Jose Daniel Castro Reyes, « Consejo Nacional Electoral - CNE », sur Consejo Nacional Electoral (consulté le ).
  21. « Résultats ».
  22. a et b « Présidentielle en Colombie: Gustavo Petro largement en tête, Rodolfo Hernandez crée la surprise », sur RFI, RFI, (consulté le ).
  23. a et b « Présidentielle en Colombie : un second tour entre l’opposant de gauche Gustavo Petro et l’indépendant Rodolfo Hernandez », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le ).
  24. (es) El Espectador, « Petro-Hernández, un mensaje de rechazo a la vieja clase política », sur ELESPECTADOR.COM, (consulté le ).
  25. « À la Une: en Colombie, deux candidats du changement au second tour de la présidentielle », sur RFI, RFI, (consulté le ).
  26. (es) Alejandro Arboleda Hoyos, « Gustavo Petro y Rodolfo Hernández: Colombia quiere un gobierno distinto », sur www.elcolombiano.com, (consulté le ).
  27. « Colombie: la gauche largement en tête de la présidentielle, un «jour de triomphe» terni par la qualification d’un millionnaire populiste », sur Libération, Libération (consulté le ).
  28. Patrick Bèle, « Colombie : Gustavo Petro largement en tête de la présidentielle », sur LEFIGARO, lefigaro, (ISSN 0182-5852, consulté le ).
  29. « Pour la première fois, la Colombie élit un président de gauche, Gustavo Petro », sur France 24, France 24, (consulté le ).
  30. « La Colombie élit Gustavo Petro, premier président de gauche de son histoire », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le ).
  31. Colombie : victoire historique de Gustavo Petro lemonde.fr, 22 juin 2022
  32. Anne Proenza, « Avec Gustavo Petro, la Colombie vire à gauche pour la première fois de son histoire », sur Libération,